Babyji, d'Abha Dawesar

Publié le par Manu Bouvy

 

« Delhi est une ville ou tout se passe dans la clandestinité ».

 

Dès la première phrase, le ton est donné ! Rafraichissantes en diable, les aventures d'Anamika, adolescente curieuse et brillante, étudiante dans un Collège de Delhi.

 

Jeune Lolita indienne, elle cherche à trouver réponse à ses questions existentielles au travers des sciences exactes et d'amours au féminin. Pour ceux qui imaginent l'Inde comme une société rigide, particulièrement sur le plan des mœurs, « Babyji » remet les pendules à l'heure.

 

Dans ce roman iconoclaste, Abha Dawesar nous offre de magnifiques portraits de femmes, au travers desquels elle évoque de multiples questions sociales, telles la problématique des castes ou la qualité de l'enseignement.

 

J'ai particulièrement apprécié la relation d'Anamika avec Rani, jeune adulte intouchable. Fuyant la violence de son mari, elle vint se réfugier dans la famille de notre Lolita pour y devenir femme de ménage. Anamika ne se limite pas à faire de Rani sa compagne sensuelle. Avec l'innocence de son adolescence, elle n'accepte pas la condition subalterne de son amie, et mobilise toute la famille pour favoriser son émancipation sociale.

 

Servie par un exceptionnel talent d'écrivain, Abha Dawesar nous offre un ouvrage charmant et sensuel. J'ai un temps soupçonné que « Babyji » et « Dernier été à Paris », autre roman d'Abha, étaient des ouvrages largement autobiographiques. Elle a cependant déclaré qu'il ne s'agissait que de fictions, simplement inspirées par des sentiments ressentis ci et là. Quoi qu'il en soit, « Babyji » est une petite merveille qui bouscule bien des préjugés.

 

Il y a peu, l'acteur, réalisateur et producteur Claude Berry est décédé, après avoir acheté les droits d'adaptation de « Babyji ». Pourvu que le projet survive à son promoteur, ce qui constituerait un bel hommage, et donnerait encore plus de reconnaissance internationale à Abha Dawesar. Ajoutons in fine que cette jeune femme cosmopolite, diplômée de Harvard et parfaite francophone, est également une artiste plasticienne de qualité.

 

Editions 10/18, n° 4126, 474 pp.

 

 

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Publié dans littérature indienne

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