Deux vies, de Vikram Seth

Publié le par Manu Bouvy


Ebloui par « Un garçon convenable » et « Quatuor », j'étais intrigué par ce récit du même auteur.

 

En effet, « Deux vies » n'est pas un roman, mais une chronique familiale qui évoque le destin de deux personnages, a priori sans grand relief : un couple mixte, indo-allemand, de la petite bourgeoisie londonienne.

 

La première vie est celle de Shanti Behari Seth, le grand-oncle de Vikram. La seconde vie est celle de son épouse Henny Caro.

 

Jeune homme, au début des années 30, Shanti a quitté son Inde natale pour aller étudier la dentisterie à Berlin. Pensionnaire dans une famille juive, les Caro, il découvre la capitale allemande dans laquelle l'insouciance fait progressivement place à l'inquiétude, du fait de la montée du nazisme.

 

Exilé à Londres, il participe à la bataille de Monte Cassino avec les troupes britanniques, où il perd un bras.

 

De retour en Angleterre, son handicap physique l'empêche d'exercer son métier de dentiste, avant qu'il ne soit finalement convaincu par des collègues qu'il lui était possible d'ouvrir son propre cabinet.

 

A Londres, il se rapproche peu à peu de Henny Caro, seule parmi sa famille à avoir échappé au génocide, et il finit par l'épouser.

 

Lors de ses études d'économie à Londres, Vikram Seth habitera chez Shanti et Henny, qui vont s'attacher à lui comme à l'enfant qu'ils n'ont pas eu.

 

A la mort de Henny, pour tenter de réconforter son grand-oncle noyé par le chagrin, Vikram lui propose d'écrire leur histoire. Il découvrira dans le grenier de la maison familiale une correspondance de Henny avec les amis allemands de son adolescence, qui donnera une dimension inédite à la personnalité de sa grande-tante.

 

Sur la base d'entretiens avec Shanti et des lettres de Henny, leur petit-neveu va retracer un double parcours nettement moins banal qu'on aurait pu l'imaginer.

 

Ce sera aussi l'occasion pour l'auteur de riches digressions sur sa propre histoire, sur l'antisémitisme, ou sur les relations internationales.

 

Par cette histoire très émouvante, qui est également un superbe témoignage d'amour, Vikram Seth démontre une fois de plus qu'il est un écrivain hors norme, un des plus grands de la littérature contemporaine.

 

Albin Michel, 2007, 575 pp.

 

 

« Seth a peu d'égaux en littérature », The New Yorker.

 

 

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Publié dans littérature indienne

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