SWARUP Vikas, Les merveilleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire, 10/18, 2006

Publié le par Manu Bouvy

Dans quel ton a été écrite la sonate 29 de Beethoven, opus 106, dite « sonate Hammerklavier » ?

 

C'est la dernière question à laquelle doit répondre Ram Mohammad Thomas pour gagner un milliard de roupies, dans le cadre du jeu « Qui veut gagner de millions ? ».

 

A la stupéfaction des spectateurs, (et des producteurs, qui n'imaginaient pas une seconde devoir débourser une telle somme !), Ram, jeune adulte ayant fait son éducation dans la rue plutôt qu'en famille et derrière un banc scolaire, répondra correctement.

 

Pour ceux d'entre-vous qui ne le savent pas, il s'agit du « si bémol majeur ».

 

L'idée assez géniale de Swarup est d'avoir structuré son récit sur la base de ce jeu, chaque question étant l'occasion d'un flash-back nous plongeant dans le passé de Ram, et nous permettant de comprendre pourquoi, le hasard faisant bien les choses, il donne de bonnes réponses à des questions d'un complexité redoutable.

 

Le roman nous conte donc les étapes essentielles de la jeunesse d'un héros né sous une bien mauvaise étoile : adopté après avoir été abandonné à sa naissance, il eut à peine le temps de connaître ses nouveaux parents qu'il se retrouvera à nouveau orphelin. Il s'en suit diverses pérégrinations à travers le pays, au cours desquelles le jeune Ram va devoir se montrer imaginatif et résistant pour assurer sa survie.

 

Dans ce parcours, Swarup nous donne un aperçu de ce que l'Inde a de plus cruel, particulièrement à l'encontre des enfants. Il nous brosse le portrait effrayant de sinistres personnages pour lesquels un gosse n'a qu'une valeur marchande.

 

Malheureusement, ce n'est pas de la pure fiction. Dans les rues de Delhi ou de Jaipur, les petits mendiants sont légion. Certains d'entre-eux ont à peine appris à marcher. D'autres, un peu plus solides, portent déjà, des heures durant, un bébé dans leurs petits bras. En vertu de la logique des castes, il paraît que ces enfants méritent leur sort ! Assez logiquement, ils se retrouvent sous la coupe d'exploiteurs en tous genres.

 

Si vous avez vu la bonne adaptation réalisée par Danny Boyle, huit oscars, excusez du peu !, ne croyez pas que vous pouvez faire l'économie du livre. Le cinéma à ses contraintes, hollywoodiennes ou bollywoodiennes. Et Boyle n'est pas Orson Welles. Des pans entiers de l'oeuvre de Swarup passent donc à la trappe, tandis qu'il y ajoute un « happy end » des plus conformistes. Un « bémol », cette fois, à mon appréciation du film.

 

Dernière qualité du livre, il est accessible et n'est pas dénoué d'humour. Appréciable.

 

 

 

 

 

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Publié dans littérature indienne

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